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Communiqué 22/03/2011

 

Monopoles des constructeurs sur les pièces de carrosserie :

un privilège payé plein pot par le consommateur !

 

Alors que la France bloque la réglementation européenne libéralisant le marché des pièces détachées automobiles, l’UFC-Que Choisir rend publique aujourd’hui une étude sans appel sur la double peine que le monopole des constructeurs sur ce marché fait subir aux consommateurs.

 

Les prix des pièces détachées de carrosserie ont augmenté de 26% entre 2005 et 2010, alors même que les prix à la consommation n’ont varié durant cette période que de 7,63%. Ce dérapage tarifaire est un des symptômes du monopole des constructeurs sur ce marché. En effet, les constructeurs contrôlent la production et la vente de ces éléments, ce qui expose le consommateur à une double peine : d’une part, comme en témoigne l’évolution des prix, les constructeurs gonflent le prix de leurs pièces, et d’autre part le consommateur est dans l’impossibilité d’utiliser des pièces « alternatives » généralement moins chères.

 

L’étude de l’UFC-Que Choisir quantifie les effets d’une ouverture à la concurrence et permet de constater les économies réalisées par le consommateur de manière directe lorsqu’il effectue lui-même cet achat mais aussi, et surtout, de manière indirecte avec la baisse de sa prime d’assurance automobile (1). Les résultats de ce travail sont plus qu’éloquents :

- En choisissant des pièces alternatives (de qualité équivalente) à celles proposées par les constructeurs, les consommateurs paient en moyenne 35,5% moins cher en Allemagne (par rapport aux prix catalogue des constructeurs), 33,5% en Belgique et 33,9% en Espagne.

Ces chiffres cachent d’importantes disparités entre les constructeurs (2) mais aussi au sein des gammes de chacun d’entre eux. Par exemple, en faisant le choix de pièces alternatives pour un véhicule Citroën, un consommateur espagnol fera une économie moyenne de « seulement » 27,7% mais un consommateur allemand qui aura la même stratégie pour un véhicule Peugeot économisera en moyenne jusqu'à 42% (3).

- Il ne faut pas en outre négliger que les éléments de carrosserie sont majoritairement achetés et payés par les assurances, car leur remplacement intervient généralement suite à un accident de la route. Or, en 2010, ces pièces représentent 47,3 % du coût total de la réparation automobile (4).

 

L’étude de l’UFC-Que Choisir montre donc que l’accès à des pièces de carrosserie alternatives constituerait une importante et indéniable opportunité d’économies pour le consommateur, économies auxquelles s’ajouterait l’effet d’une concurrence sur les pièces « constructeurs » (si, par exemple, Norauto et Feu Vert pouvaient vendre des ailes ou des portières de Twingo).

 

La Commission européenne, consciente que la concurrence serait bénéfique pour le consommateur, avait proposé une directive (2004/0203) visant à libéraliser le marché de la pièce de carrosserie de rechange (la clause de réparation). Cependant, bien que votée par le Parlement, cette Directive reste bloquée en raison du refus du Conseil des Ministres de se prononcer sur ce texte, notamment sous la pression de la France.

 

Au vu des résultats sans appel de son étude, l’UFC-Que Choisir appelle à une libéralisation du marché des pièces de carrosserie :

- L’association demande au gouvernement français d’adapter sa législation, comme l’on fait récemment d’autres pays européens comme l’Angleterre, la Pologne ou la Grèce.

- L’association interpelle également les autorités européennes (la Commission et le Parlement) en leur demandant de faire le nécessaire pour que la clause de réparation (2004/0203) soit définitivement adoptée.

 

(1) Dans son étude, l’association s’est concentrée sur l’économie potentielle que pourrait réaliser un consommateur français s’il avait accès à des pièces de carrosserie alternatives. Pour cela elle a comparé l’écart entre les prix des pièces « constructeurs » (prix catalogue des constructeurs) et les prix des pièces alternatives (a été retenu un panier de pièces variées et représentatives : aile, porte, phare, capot, etc.) dans trois pays libéralisés : l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne.

(2) Notre échantillon intègre cinq constructeurs : Citroën, Ford, Peugeot, Renault et Volkswagen.

(3) Pour mieux comprendre, prenons l’exemple d’un consommateur belge qui aurait besoin de changer l’aile de son véhicule, une Peugeot 307. S’il s’adresse au constructeur, il paiera cet élément 142 euros HT, en s’adressant à un producteur alternatif, pour une pièce de qualité équivalente, il paiera 45,6 euros HT. En s’adressant au constructeur, le consommateur paierait donc 3 fois plus cher pour une pièce de qualité équivalente.

(4) Selon le SRA (Sécurité et réparation automobile)

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